3 raisons qui rendent la cartouche magnétique indispensable

Publié le 29 mars 2016 - Par Pierre Chapus
Aujourd'hui, les disques capacitifs ont tellement baissé leurs coûts au gigaoctet et les processeurs sont devenus si puissants que stocker les sauvegardes sur cartouche ne semble plus se justifier. En effet, tous les logiciels de sauvegarde dé-dupliquent désormais très bien les données en supprimant l'écriture de tronçons de données déjà récupérés et compressant ces tronçons : La sauvegarde disque se retrouve désormais avec une moyenne d'environ 40% ou mieux de stocké au lieu des 100% écrits.

Côté cartouches, restaurer des petits bouts de sauvegarde sur bande génère des temps de recherche infiniment plus long que depuis le disque et son accès direct: Souvenez-vous de la lenteur de vos cartouches vidéo à la maison, ou même de la recherche de séquences vidéo sur un DVD ! Le disque écrase donc la bande dans ce domaine.

On oublie vite la fiabilité: Le LTO construit depuis plusieurs brevets d'IBM est solide, il a donc remplacé tous les anciens formats avec lesquels nous avions tant d'ennuis en restauration. Le LTO représente de loin le standard du marché, à plus de 85% de part de marché. 
Et en mode WORM (ne peut être écrite qu'une fois), elle est conforme aux directives SOX de conservation long terme des données. Et LTO sait également crypter les données.

Question coût, la cartouche est devenue abordable par rapport aux baies de disque, surtout en charges d'exploitation (électricité,maintenance constructeur des baies, surface, refroidissement, etc.)! Alors qu'une cartouche ne coûte quasiment rien à stocker. 

Et enfin en performance et capacité : La cartouche atteint des débits très intéressants. On obtient une capacité de 6,25To pour une LTO7 en natif, soit plus de 12To du fait de la compression matérielle par le lecteur. L'évolution dans le temps de la norme LTO est forte car une LTO7 contient quand-même 5 LTO5, en l'espace de 3 ans d'évolution !

Trois raisons d'utiliser encore les cartouches magnétiques

1- L'archivage

Il doit être fait dans la majorité des société. Souvent mensuel ou au pire annuel, il permet à la fois d'aller récupérer de vieux éléments mais aussi de prouver à la loi l'état de ses données et donc des affaires à une date antérieure. Les lois dérivées de Sarbanne-Oxley exigent ces longues conservations que le disque ne peut garantir aussi bien : En effet, la cartouche est infiniment plus robuste, pérenne dans le temps par son stockage statique et moins couteuse en capacité et en possession. Et la cartouche est le seul support informatique jugé suffisamment fiable* par la loi, concernant votre obligation de moyens ! 

2- Le stockage quasi infini avec indexation

Aujourd'hui, les activités ont besoin de conserver des volumes immenses, mais avec un besoin de récupération facile, même si elle est plus lente. Certains éditeurs ont ainsi fait un système de fichier comme ceux des ordinateurs, mais dédiés aux bandes. Le plus connu et désormais accessibles aux constructeurs de lecteurs de cartouche est le LTFS d'IBM. Utilisé comme un système de fichier normal, et donc accessible avec un simple explorateur de fichiers, il permet de copier/coller ou de dupliquer** à intervalles réguliers sur des années et de récupérer en recherchant dans ces volumes au travers d'index évitant de dérouler les cartouches à la recherche d'éléments. Par suite, le gain en coût est aussi important que ce stockage devient large.

3- La performance en sauvegarde et restauration

Oui, la bande est catastrophique en récupération d'un ensemble de fichiers répartis sur cartouche, c'est d'accord ! Mais lorsqu'il s'agit d'un flux continu comme des bases de données, cet ensemble de données s'écrira beaucoup plus vite sur cartouches que sur disques. Par exemple, une baie SSD vous donnerait du 500Mo/s en constaté réel sur des copies massives, là où un seul lecteur de cartouche LTO débite jusqu'à 300Mo/s en natif. Sur une base de données qui se compresse par 3 ou 4 (par le lecteur sans latence), on dépasse donc de 1To/s. Et avec le logiciel approprié, on peut sauvegarder les bases (Oracle ou SQL par exemple) sur plusieurs lecteurs en parallèle. On constate chez nos clients un débit qui dépasse largement ce que leurs baies de production est capable d'envoyer en lecture, même si elle est en SSD.

Conclusion

Tant pour les coûts d'exploitation, les performances ou la fiabilité et durabilité, la cartouche magnétique reste un choix éminent à même de répondre à des besoins forts avec un OPEX imbattable!

Notes de l'expert :

* La durée de vie du média est estimée à 30 ans et 20000 chargements/déchargements. J'ai personnellement restauré un grand volume de données sur des cartouches LTO2 écrites 8 ans auparavant, et sans rencontrer la moindre erreur. Plus d'infos sur les LTO? Visitez le site du consortium édictant la norme.

** Au lieu de dupliquer les données, on peut aussi les migrer via HSM et l'ILM lorsqu'elles deviennent anciennes ou très peu utilisées, dégageant ainsi de la place sur les espaces de production. 
Pour plus d'informations , suivez nous sur les reseaux sociaux
Copyright Atoo Systèmes & Services
Expert en protection de la donnée
Made with ♥ in France
Copyright Atoo Systèmes & Services
Expert en protection de la donnée
Made with ♥ in France
Copyright Atoo Systèmes & Services
Expert en protection de la donnée
Made with ♥ in France